FFF Quotas : Laurent Blanc comme neige ?

Nous avons eu le droit hier au retour des enquêtes diligentées par le Ministère du Sport et de la Fédération Française de Football.
Nous avions peur de perdre le soldat Blanc sauveur de la patrie – Nous exagérons un peu, c’est si bon – et de la sacro-sainte équipe de France. Peur ?
Pas vraiment, puisque l’Équipe de France reste et les sélectionneurs passent. Laurent Blanc fait un bon travail à la tête de nos Bleus qui oublient petit à petit les ecchymoses de l’Afrique du Sud et les tribunaux populaires qui se perdaient en conjuration entre la pauvre Zahia, le bus et les fantasmes culturels.
Laurent Blanc est des leurs, il a aujourd’hui sa cicatrice. Il a échappé lui aussi au lynchage médiatique et à la moraline.
La défense de Laurent Blanc est une merveille de retournement rhétorique et une démonstration de l’absurdité des attaques.
Notre sélectionneur n’a cessé de clamer qu’il n’ était pas raciste et il a ainsi déplacé le centre de la discution sur lui-même, mettant ainsi de coté les propos tenus par ses interlocuteurs et son acquiescement idiot. Le cœur du débat, c’est que des êtres civilisés et qui ont des responsabilités puissent imaginer mettre des quotas raciaux sans le moindre problème de conscience.
Le plus inquiétant, c’est que ses personne ne sont certainement pas racistes.
Cela signifie que dans leurs esprits, rien de plus normal que de mettre des quotas raciaux pour sélectionner des gamins de 12 ans. L’idée de le faire en douce démontre qu’ils ont bien conscience que ce n’est pas anodin. L’excuse de la mauvaise interprétation parce qu’ils parlaient de quotas physiques et que les critères raciaux sont une pure maladresse orale est absurde.
C’est vrai que Laurent Blanc subit plutôt la conversation. Soit. On peut aussi penser qu’il n’a pas conscience de tenants et aboutissants de tels quotas.
Qu’il soit blanchi n’est pas vraiment choquant
Après, vous me direz, que ce n’était pas le pire que l’on puisse entendre chez certaines de nos prétendues élites. Certes, mais le football et le sport en général laisse croire et penser qu’il est un des rares endroits ou la méritocratie est reine et demeure l’élément centrale de réussite.
Laurent Blanc savait très bien que la plupart de ses amis et que les fans prendraient sa défense s’il s’érigeait comme victime d’accusations mensongères.
Et comme le titre des manchettes est plus vendeur avec le mot « racisme », la presse a sauté sur l’occasion.
Deux enquêtes ont conclus que Laurent Blanc n’était pas raciste…
On apprend même que Laurent Blanc serait « en colère contre lui-même ».
Tout va va bien dans le monde merveilleux du football le bisounours Laurent Blanc se complet dans la contrition, la justice a été faites et la Fédération promet que cela irait mieux avec la nouvel direction qui sera bientôt élu.
Le compte rendu de l’enquête de la Fédération Française de Football est relativement amusant : Ils admettent des propos graves, parlent d’un « débordement », mais pour l’instant personne n’est sanctionné.
En même temps la FFF ne pouvait-elle pas parler de propos dangereux et expliquer en quoi ils le sont ? L’erreur étant faite, la pédagogie pourrait amener les acteurs du football à comprendre en quoi les quotas raciaux sont fondamentalement inconstitutionnels et profondément ancrés dans des philosophies politiques dont il paraît difficile de se réclamer.
On parle déjà d’une histoire pour rien. Les médias attendaient des têtes sur des piques et de grandes logorrhées moralistes.
L’union sacrée pour Laurent Blanc en est devenu presque ridicule et Lilian Thuram est devenu le grand méchant… Celui qui a osé enregistrer la réunion a failli tomber dans les rangs des coupables. Mediapart a été accusé d’avoir fait son métier et de faire de l’argent sur cette affaire : A mourir de rire ! Le monde de football faisant des leçons sur l’argent !
La moralité de cette histoire, c’est justement qu’il y en a peu et que le cynisme est le seul moteur des décisions ou de leurs absences.